Pourquoi je n’aime pas les matchs d’impro

sifflet

Attention : cet article est long !

Parmi la multitude de types de spectacles d’impro, il en est un qui est sans doute le plus connu du grand public, et est pratiqué par un très grand nombre de troupes. Vous l’aurez deviné (si vous avez lu le titre), je parle bien sûr du match d’improvisation.

Une forme tellement populaire que bien des gens ne connaissent que ça. Et beaucoup de troupes ne font pratiquement que ça (un indice : si une troupe a le mot « Ligue » dans son nom, elle fait sans doute principalement des matchs !).

Ah bah oui mais moi, j’aime pas bien ça, les matchs. Bon les goûts, les couleurs, tout ça… soit. Mais j’ai quand même quelques arguments dans ma besace, si vous voulez prendre le temps de lire la suite.

Mais avant (oui je sais, quel suspens !), petite introduction pour ceux qui ne savent pas bien de quoi je parle (les autres peuvent passer directement ici) :

Pourquoi tant de formes différentes ?

Vous êtes peut-être un néophyte, et vous venez de découvrir qu’il existe différentes façon de faire un spectacle d’impro. Donc voilà, maintenant vous le savez.

Le nombre de types de spectacles est potentiellement infini en impro. De nouveaux concepts sont créés et testés chaque semaine, certains deviennent très populaires, d’autres deviennent la marque de fabrique d’une troupe en particulier, beaucoup ne seront joués qu’une fois.

Sans entrer dans le détail et sans essayer de lister tous les types de spectacles les plus répandus, voici quelques éléments de base. Déjà je pense qu’on peut différencier les spectacles composés d’impro courtes (< 10 min, en gros) et ceux qu’on appelle des formes longues, ou long forms (et a priori pas « longue forme », certes c’est grammaticalement correct, mais « forme longue » me semble quand même plus français), où l’on construit une histoire qui peut durer jusqu’à plusieurs heures si on le souhaite. Et il y a des spectacles qui mélangent les 2, aussi.

En match, ce sont des impros courtes qu’on joue. Et beaucoup de spectacles reprennent le même genre de formule, avec des catégories similaires (les « types » d’impros qu’on joue, par exemple « sans parole », « à la manière de Molière » ou tout simplement « libre »).

On parle aussi de « décorum », qui définit en gros comment le spectacle se présente, en dehors des impros en elle-mêmes. Le décorum peut être plus ou moins important. En match par exemple tout est très cadré, et beaucoup de temps est pris par ce décorum. On pourrait simplement avoir des gens qui arrivent et commencent à improviser, ce serait le décorum le plus simple.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles il existe autant de formes différentes, avec des décorum très différents. Par exemple on peut vouloir mettre une ambiance particulière, ou tout simplement faire quelque chose de différent pour surprendre le public. Par exemple faire un spectacle présenté par un parrain de la mafia qui nous montrerait les sales coups fomentés par ses hommes de mains : les impros en elles mêmes ne différeraient pas forcément d’un spectacle plus classique en dehors de leur thèmes, mais on est dans une ambiance particulière et un peu originale.

Mais une autre raison, qui m’intéresse plus ici, est que différents concepts encouragent différents styles d’impro. En fonction de si on limite les durées ou non, qu’on impose plus ou moins de contraintes, qu’on laisse plus ou moins de liberté aux improvisateurs, qu’on prenne plus ou moins d’éléments du public… on aura des impros plus ou moins posées, ou pêchus, ou avec plein de personnages ou autre. Le format de spectacle peut amener une couleur particulière aux impros.

Et même si on peut aller contre ce que semble encourager le format (par exemple faire des impros longues et posées lors d’un Catch Impro, qui est un format plutôt « punchy » à la base), c’est plutôt rare.

J’estime que quel que soit le format de spectacle, celui-ci doit toujours encourager la construction de belles histoires à plusieurs, en aidant les improvisateurs à sortir de qu’ils ont de meilleur.

Ce qui nous amène au match d’improvisation, qui pour moi fait plutôt le contraire…

Le match d’improvisation, dans les grandes lignes

Si vous ne connaissez pas, ou que vous voulez en savoir plus, le mieux c’est encore de voir l’article sur Wikipédia. Je vous laisse quelques instant pour le lire.

Maintenant que vous en savez un peu, voici pour résumer voici ce que je considère comme étant les points principaux définissant le match d’improvisation :

  • 2 équipes de 6 personnes (3 de chaque sexe) + 1 coach s’affrontent
  • Un arbitre définit au préalable quelles seront les improvisations (catégorie, thème, durée, nombre de joueurs) et les tire ensuite au sort avant chaque impro
  • Les impros durent de 30s à 20 min (mais souvent 10 min sera le grand max)
  • Elles sont soit mixtes (les 2 équipes jouent ensemble), soit comparée
  • Dans les 2 cas, les équipes font un caucus de 20 secondes chacune de leur côté
  • Lors du caucus, un MC  présente la catégorie au public
  • A la fin de chaque impro, le public vote pour son équipe préférée
  • L’arbitre peut siffler des fautes lors des impros (voir la liste sur l’article Wikipédia), au bout de 3 fautes, point pour l’autre équipe, au bout de 3 fautes pour un joueur, il est exclu jusqu’à la fin du match
  • Le spectacle se déroule dans une patinoire, et les joueurs en jeu doivent rester dedans ou en contact avec elle jusqu’à la fin de l’impro
  • Les catégories sont normalement des catégories « officielles »
  • Avant de commencer le spectacle il y a quelques minutes d’échauffement réglementaire, et chaque équipe chante également son hymne

Voilà voilà… Et encore je n’ai mis toutes les règles !

Donc premier constat : c’est compliqué. Mais le rugby aussi c’est compliqué par exemple, et j’aime bien le rugby, donc ce n’est pas un critère.

Cette complexité explique aussi sans doute pourquoi il est très rare de voir un « vrai » match d’improvisation, c’est à dire un match qui respecte au poil toutes les règles. En France c’est a priori le cas pour les « gros » match, genre un Lyon – Québec ou autre. Dans les matchs amateurs, un certain nombre de règles sont souvent ignorées ou modifiée (moins de 6 joueurs, pas de coach, catégories non officielles…).

Parmi toutes ces règles, en voici quelques unes qui, je trouve, impactent vraiment les impros en elle-mêmes.

Point par point…

Point n°1 : Impros en durée limitée

C’est peut-être le point qui me gène le plus. Pour moi l’essence même de l’impro est qu’on ne sait pas où on va aller, et à tout moment l’histoire peu dévier, rebondir… ou se terminer ! Dans ce cas, comment calibrer une impro pour durer pile 3 minutes ?

Souvent les arbitres ne vont pas couper l’impro à la seconde près, mais on est au max à 10s près. Surtout qu’il arrive parfois qu’un énorme décompte soit projeté derrière la patinoire, pour que tout le monde voit bien le temps qui reste, à la seconde près ! Dans ce cas, difficile de laisser quelques secondes de plus pour conclure correctement.

A la limite, sur une impro d’1, 2 ou 3 minutes, on peut arriver assez facilement à se caler (avec un peu d’entraînement), on fera durer un petit plus la fin ou on la conclura un peu rapidement, mais on sera dans les clous. Mais au delà de 5 minutes, ça devient déjà nettement plus pénible. Si une impro doit durer 8 minutes, mais que par la force des choses on a une fin parfaite qui arrive à 7 minutes, eh bien non, on continuera à faire traîner 1 minute de plus. Et si l’impro est formidable et qu’on voudrait la voir continuer pour avoir une vrai fin, mais qu’il faudrait 1 minutes de plus, eh bien tant pis. Le temps, c’est le temps.

Et, pire encore, si on a une impro longue qui commence à patauger, eh bien on va patauger pendant longtemps ensemble, sans pouvoir arrêter. Ou comment tuer un spectacle.

Du coup les impros « longues » (je mets entre guillemets, parce que bon, 5 ou 6 minutes c’est pas vraiment « long ») sont risquées, surtout pour des débutants. Donc on en voit peu… Du coup il m’est arrivé plusieurs fois de voir des matchs d’impro composés uniquement d’impro de 2 à 4 minutes (peut-être une de 5 minutes pour faire bonne mesure). Et je trouve ça vraiment très, très court. C’est sympa de temps en temps, mais quand on n’a que ça c’est généralement plutôt naze, les joueurs n’ont rien le temps de construire.

L’intérêt des impros en durée limitée, c’est de pouvoir faire varier les durée pour gérer le rythme du spectacle. Et on ne joue pas forcément une impro de 2 minutes de la même façon qu’une impro de 6 minutes.

C’est à mon sens le seul intérêt. Mais alors, plutôt que de chronométrer à la seconde près, pourquoi ne pas simplement se dire qu’on fait des impro « courtes » (<2 min), « moyennes » (2 à 5 min) et « longues » (>5min) ? Ça donnera le même effet, mais sans ce foutu chrono. Et si une impro longue patauge, on l’arrête avant, c’est pas grave, tout le monde sera content de la voir s’arrêter, les joueurs les premiers.

Et même cet avantage là est en fait rendu nul par le tirage au sort des contraintes ! Du coup on peut tout à fait enchaîner une impro ratée de 8 minutes avec une autre de 7 minutes, ou ne tirer que les impros les plus courtes.

Ah oui il y aussi un autre intérêt : si on ne définit pas une durée, alors il faut que quelqu’un déclare la fin de l’impro. En match ça pourrait être l’arbitre qui siffle la fin, ou même les coachs pourraient se mettre d’accord et indiquer à l’arbitre de conclure, ça leur donnerait aussi quelque chose à faire.

Et je suppose que la principale raison pour laquelle les impros sont chronométrées c’est pour les impros comparées, pour pas qu’une équipe ait plus de temps que l’autre. C’est sûr que c’est important, parce que sinon une équipe sera avantagée, et ça ce serait terrible (voir le point n°3). Le chrono, lui, est impartial.

Point n°2 : Le rôle de l’arbitre

L’arbitre définit toutes les impros qui seront jouées, et siffle les fautes. Il est traditionnellement plutôt méchant, ou en tout cas strict. Il ne chauffe pas le public par exemple, mais se fait huer et jeter des pantoufles à l’occasion.

Comme il choisit les catégories, les thèmes et les durées des impros, c’est lui qui gère le spectacle, au détail près qu’il tire au sort la prochaine impro. Du coup il n’a aucune maîtrise du rythme du spectacle, il ne peut pas par exemple enchaîner une impro longue par une plus courte avec une contrainte marrante. Ceci dit le tirage au sort est loin d’être systématique dans les matchs amateurs, et nombre d’arbitres se permettent également de modifier ce qui est marqué sur le carton.

En tout cas, l’arbitre n’a aucun pouvoir pendant les impros, à part siffler des fautes (voir le point n°4). Du coup impossible pour lui de recadrer une impro qui devient incompréhensible et demander explicitement quelque chose, il ne peut que siffler une faute de confusion, pour indiquer aux joueurs ce qu’ils savent sans doute déjà. Ça peut aider, mais ça reste très léger, surtout avec des joueurs débutants.

L’arbitre est assisté du MC, qui est supposé être le pendant sympathique de l’arbitre, mais qui est souvent juste quelqu’un qui a l’air de s’ennuyer au possible derrière un bureau avec un micro. Donc son intérêt me parait dubitable (oui, ce mot existe bien).

Après, l’arbitre peut vraiment jouer un rôle de méchant s’il le souhaite, c’est peut-être là qu’il est le plus intéressant, parce qu’au moins il sera marrant à regarder. Tant qu’il ne passe prend pas 2 minutes pour expliquer les fautes après chaque impro…

Point n°3 : La compétitivité

Bon cet article est déjà trop long, et il me reste 5 points à traiter et une conclusion…  On va faire vite alors. (ndlr : il s’avère que ma tentative d’aller vite fut un échec, vous n’êtes ici qu’à mi-chemin… Allez, courage !)

Un des éléments les plus intéressants de l’impro est de construire une histoire à plusieurs, chacun apportant sa pierre à l’édifice. D’où l’importance par exemple de l’écoute sur scène et cette fameuse « règle du oui« . La notion qui sous-tend tout ça, c’est la collaboration, ou même la coopération (quelle est la différence entre ces deux mots, d’ailleurs ?).

Mais alors, que vient faire la compétition là-dedans ? Est-ce que ça ne s’y opposerait pas directement ?

Eh bien en théorie ça ne devrait pas, puisque c’est supposé être une fausse compétition, où les équipes jouent un rôle. Donc normalement les joueurs devrait se foutre royalement de gagner ou pas, et juste essayer de faire en sorte que l’impro soit la meilleure possible (quitte à laisser toute la place à l’autre équipe s’il le faut !).

C’est bien joli en théorie, mais en pratique j’entend énormément d’improvisateurs se plaindre après un match qu’une équipe « cherchait le point » systématiquement. Et c’est un comportement qu’on est encouragé à avoir, parce que c’est présenté comme une compétition, et qu’on le rappelle à chaque impro lors du vote, avec rappel du score etc.

Et en plus du vote du public à chaque impro, on remet même des étoiles aux « meilleurs » joueurs à la fin du match !

Du coup on est encouragé à essayer de trouver les meilleurs idées possibles et les faire passer de force, à faire des blagues pour faire rire le public etc.

La compétition devrait être feinte, mais il faut lutter contre l’esprit de compétition qu’on a tous en nous (au moins un peu). Il m’est arrivé de demander à des joueurs comment c’était passé un match, et d’avoir comme réponse « on a gagné ! ». Triste, non ?

Comme argument pour la compétition, on m’a dit une fois que la compétition était nécessaire pour que chacun donne le meilleur et essaie de faire les meilleures impros. Un bon argument capitalistes, pourquoi pas. Contre cet argument, voici un article que je viens de trouver sur Google et que je n’ai pas lu : http://jeanneemard.wordpress.com/2011/10/04/competition-et-cooperation/

J’espère que ce n’est pas un blog d’extrême droite ou d’une secte quelconque, mais j’aime bien cette citation :

D’un point de vue objectif, les êtres sociaux sont toujours collectivement plus efficaces par la coopération (et la compétition solidaire) que par la compétition solitaire.

Voilà. Preuve bidon mais ça ira bien pour l’instant.

Pour résumer cette histoire, si on a des joueurs qui arrivent à outrepasser l’esprit de compétition et qu’en plus on a un public connaisseur qui ne vote pas l’équipe qui fait le plus de blagues, ça passe, mais je ne vois pas ce que ça apporte aux impros. Et dans le cas contraire ça ne peut que leur nuire.

Point n°4 : Les fautes

Ah ! Enfin quelque chose que je trouve intéressant dans le match ! Les fameuses fautes. Les fautes sanctionnent des comportements inopportuns de joueurs pendant une impro (ou en dehors, d’ailleurs). Si une faute est sifflée, ça peut éventuellement recadrer un joueur (si une rudesse est sifflée, il fera peut-être attention par la suite), voire une impro (mais là c’est plus compliqué… quand une impro est confuse, les joueurs sont a priori bien au courant avant que la faute ne soit sifflée).

Mais pour moi l’intérêt principal des fautes est son rôle d’éducation du public. On a des fautes qui sanctionnent les manques d’écoutes, les refus, les blagues inutiles etc. Donc le public découvre que ce sont des choses à ne pas faire, parce qu’elles nuisent à la qualité de l’impro. C’est une façon de découvrir les ressorts principaux de l’improvisation théâtrale, donc c’est cool.

Bon par contre les fautes de non respect du thème, ou de la catégorie, ou du nombre de joueurs, je n’en vois pas l’intérêt. (cf ce précédent article).

Donc les fautes, pourquoi pas.

Point n°5 : Le rôle du public

En match, l’unique rôle du public est de voter pour chaque impro. Et moi, ça me gène. Je trouve que ça met le public dans un rôle de juge, et c’est un état d’esprit qui ne plaît pas spécialement, en tant que spectateur.

Ce rôle ne fait que renforcer l’aspect compétitif, alors que concrètement on s’en fout de qui gagne le match, on veut juste voir des belles impros…

Personnellement, quand je suis spectateur je n’ai pas envie de participer au spectacle, je veux juste en profiter. Mais si on veut vraiment faire participer le public, je trouve plus intéressant d’interagir avec lui en demandant des éléments pour démarrer les impros par exemple.

Point n°6 : Le nombre de joueurs

12 joueurs + 2 coachs… C’est énorme ! C’est d’ailleurs un des éléments qui a le plus tendance à varier dans les spectacles que je vois. On trouve des matchs à 6, à 5, à 4. Peut-être même à 3 (mais à 3 ou 2 on retrouve plutôt du catch, si on veut garder le côté « équipes »).

Le fait d’avoir autant de joueurs implique soit que chaque joueur joue peu, soit que chaque impro implique plein de joueurs. Et ces 2 cas de figures me semblent être à éviter.

En particulier avec des équipes débutantes, on se retrouve souvent en match avec plein de monde sur scène et des impros extrêmement confuses. Ce qui est normal, tout le monde à envie de jouer !

Et si au contraire on a peu de gens sur scène et que chacun joue très peu, eh bien on se refroidit, on est moins investi, on a aussi une dilution des responsabilité (« il faudrait que quelqu’un rentre pour aider… qui y va ? » au lieu « Ah ils ont besoin d’aide… J’y vais ! »). Et surtout je trouve ça très frustrant en tant que joueur de jouer 15 minutes sur un spectacle d’1h30.

J’estime que pour un spectacle d’impro (sauf cas très particulier, par exemple certaines formes longues), 8 joueurs au total, c’est le grand maximum. Et je trouve que l’idéal est entre 4 et 6 (en fonction des formats).

Mais 12 (ou même 14 avec les coachs !), c’est deux fois trop.

Point n°7 : Les caucus

Hop, voyez ici : Caucus or not Caucus?

Je ne suis pas fan personnellement, mais pourquoi pas.

Point n°8 : Le décorum

Entrée des joueurs, hymne ,échauffement, entrée de l’arbitre, caucus, impro, explication des fautes, vote du public… Je trouve que c’est beaucoup !

C’est sympa à voir une ou deux fois, ça fait grand spectacle, mais au final si je vais voir un spectacle d’impro, c’est pour voir des impros. Et sur un match « officiel » d’environ 1h30 ou même 2h, je pense qu’on ne doit passer que 50 ou 60% du temps à improviser… Surtout si on ne fait que des impro de 3 minutes !

Donc là encore, pourquoi pas, mais je préfère quand le décorum est plus léger.

En conclusion…

Il est long cet article… Peut-être trop long, je n’ai pas le courage de me relire…

Enfin bref, pour conclure, tout est dans le titre. C’est un avis personnel, soit, mais j’ai même quelques raisons d’être de cet avis !

Mais fondamentalement, le problème que j’ai avec le match, c’est que sur tous les matchs que j’ai fait ou que j’ai vu récemment (que ce soit des matchs amateurs ou des gros matchs « nationaux »), il n’y en a pas un seul ou je ne me suis pas dit que ça aurait été bien meilleur si ça n’avait pas été un match.

Pourtant j’ai découvert l’impro via des matchs, à Tours, j’ai joué des matchs suivant plus ou moins les règles officielles, j’en ai vu aussi, mais aujourd’hui je n’ai plus envie, ni d’en jouer, ni d’en voir.

Je n’en vois tout simplement pas l’intérêt. En s’entraînant et en travaillant bien, on peut gérer de belles impros en temps limité, passer outre l’aspect compétitif etc. Mais pourquoi se donner tant de mal, alors que d’autres formats sont beaucoup plus simples d’accès et donnent plus de libertés, donc plus de possibilités de faire de belles impros ?

Je ne vois pas ce qu’encourage ou facilite le match d’impro, à part des choses que je trouve nuisibles.

Après on peut prendre le format « match », baisser le nombre de joueurs, enlever les coachs, virer le MC et faire un arbitre/MC, virer les limites de temps, et on peut appeler ça « Battle » ou « Joute »… Mais bon, ce n’est plus du match à proprement parler, et autant enlever carrément la notion d’équipe.

Voilà, donc en somme, je n’aime pas les matchs.

Merci d’avoir eu le courage de lire cet article jusqu’ici ! (vous avez sans doute trop de temps libre)

30 réflexions sur “Pourquoi je n’aime pas les matchs d’impro

  1. Si je dois trouver un intérêt au match, je dirai que ça permet au public d être dans un cadre rassurant : le format est connu, il sait que ça ne vs pas être trop perché , que les impros c’vont être courte et que les joueurs/acteurs vont se bouger pour faire des trucs marrants. Peu de chances de voir une daube interminable vu que c est bien cadré.
    Par contre on n a que peu de chance de voir un truc geniallissime.
    Bref, c est plutôt pour les publiques débutants .
    A contrario, le type qui a déjà vu 1000 spectacles se fera plus chier, vu qu il risque de voir des choses déjà vu 10 fois, en mieux.
    Donc, pour résumer, le match d impro c est bien pour amener des nouveaux spectateurs à l impro, qui iront plus tard voir des spectacles plus expérimentaux .

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  2. Le match serait un peu le vaudeville de l’impro ? Un truc qui ne sera certes pas très bien, mais un minimum divertissant et très facile d’accès.

    C’est vrai que voir sa dixième impro peau de chagrin n’est plus très drôle donc j’imagine la 100eme… Après rien n’empêche d’être innovant dans les formats de matchs/contraintes, je me souviens en particulier d’une impro fond vert à Rameaux qui était bien sympa.

    Moi je ne crois pas avoir vu autre chose que des matchs/catchs en impro théâtrale, tous à ambition comique. Je ne crois même pas avoir vu de la pub pour autre chose que des matchs (peut être les nuits de l’impro auxquelles je suis jamais allé, c’est des matchs ?). C’est un peu le seul format proposé au public non pratiquant/connaisseur dont je fais partie.

    Par contre j’ai jamais pris au sérieux l’aspect compétitif et je ne pensais pas que les joueurs le faisaient. Le but de l’arbitre ne serait donc pas d’avoir une égalité à la fin pour offrir une impro de plus ? J’ai toujours pensé que la compétition comme le décorum ne fournissaient qu’un prétexte pour faire se rencontrer différentes troupes et éviter aux improvisateurs de rester enfermés dans un cercle dans lequel ils seraient trop en situation de confort/habitude. C’est même ça le plus important non ? Le match donne un cadre simple pour organiser des rencontres entre troupes qui même si elles se connaissent souvent ne travaillent pas ensemble. Il me semblait que c’était bien la collaboration le but plus que le résultat du match (et même plus que le spectacle fourni au public contrairement au théâtre).

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    • Alors j’ai quelques petites précisions/réponses à donner, si vous permettez, cher Roland.

      Déjà, la catégorie « Peau de chagrin » n’est pas une catégorie officielle de match. Donc la jouer en match c’est déjà prendre des libertés avec le concept (je suis tout à fait pour, mais on s’éloigne du pur Match). Et je suppose que ce que tu as vu à la salle Rameau était du Catch, a priori le mondial de Catch Impro organisé par Et Compagnie, non ?

      Comme je le dis dans l’article, le catch j’aime bien. On le compare souvent au match, parce qu’il garde le concept d’équipe. Mais tous les autres points que j’ai listé sont absents du Catch (4 joueurs au total, pas de caucus, pas de temps limité, un arbitre qui peut intervenir pendant les impros…). Et même pour l’aspect compétitif, il est nettement plus tourné en dérision, puisqu’on joue des duos à thème, on ne joue pas aux couleurs de sa ville, son pays, ou même sa ligue. Et (sauf 1 catch que j’ai vu), le public vote généralement à la toute fin, pas après chaque impro.

      La compétition en match est supposée être feinte, mais malheureusement il y a des troupes (ou plutôt des ligues…) qui jouent pour gagner. Ca existe et c’est moisi. Et je trouve qu’en match on ressent cette compétition, alors que sur tous les catchs que j’ai fait ou vu, je n’ai jamais ressenti ça. et ça encourage effectivement à rencontrer d’autres troupes, ce qui est un bon point. Mais on peut rencontrer d’autres équipes sur tous les concepts possibles et imaginables, et sans composante compétitive du tout. Pourquoi est-ce que le match serait le standard ? (enfin pour les rencontres de troupes amateurs, dans des petites salles avec des petites scènes, on a quand plus de Catchs, tant mieux !)

      En fait plutôt que le « Vaudeville de l’impro », (et parce que je suis quand même ingénieur à la base…) je dirais que le match est le « Cycle en V de l’impro ». On sait que ça ne marche pas vraiment, que ça a plein de défauts qu’on contourne en adaptant la méthodo pour la rendre plus « agile », mais on continue de l’utiliser sur les projets, parce que tout le monde le fait. (OK, la comparaison est foireuse, ça me paraissait plus pertinent dans ma tête).

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  3. Je n’ai vu que 3-4 matchs, et en effet, je n’y ai jamais pris un énorme plaisir. Je trouve justement qu’on perd du côté « impro », puisque tout est codé. On sait à l’avance ce qu’on va voir, comment ça va se passer, alors qu’il est tellement plus plaisant d’aller voir un spectacle sans trop savoir où ça va partir…

    Sinon, cher Hugh, pourrais-tu faire un article sur des impros très bien mais pas comiques ? Je n’en ai que trop peu vues, et les quelques fois où c’est arrivé, c’était magique…

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  4. En tant que joueur débutant, je trouve le concept de match difficile : on joue à jouer de l’impro (si on suit le concept sans esprit de compétition). Dur de garder les 2 niveaux en tête en spectacle. Quand un arbitre me siffle une faute, le temps de me rappeler ce que veut dire son signe cabalistique, de comprendre quelle faute j’ai commise, paf ! je suis complètement sortie de l’impro, le fil m’a échappé, mon personnage aussi. Et je suis restée plantée plusieurs secondes sur place, le regard vide et l’air bovin. Pas passionnant pour le public. Peut-être instructif, mais pas passionnant.

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  5. Hello Hugh,

    En y réfléchissant je me rends compte que les raisons pour lesquelles j’aime le match d’impro – c’est justement parce que:

    -si c’est bien MCisé et surtout arbitré, les joueurs ne peuvent pas faire n’importe quoi pour attirer l’attention sur eux, ne pas respecter une catégorie ou jouer tout le temps le même style de truc…alors qu’en spectacle c’est souvent le risque car des comédiens qui doutent ou manquent un peu de confiance font revenir tout le temps aux même ressorts comiques / asburdes, vus et revus…resultat : pas d’écoute ni de construction…

    -Le match demande de revenir au bases importantes de l’impro et surtout d’être très efficace pour faire passer ses infos : parce qu’on a un temps limité et qu’en face on ne sait pas avec qui on joue parce qu’il y a 12 joueurs donc ca fait des combinaisons potentielles très nombreuses…du coups l’efficacité et la construction vont être à l’honneur encore une fois si le match est bien arbitré : selon les règles et non pas uniquement pour faire le show de l’arbitre ou siffler des fautes d’apparat…

    Au final, ce qui cloche pour moi avec le match c’est ce qui cloche aussi pour l’impro dans la plupart des ligues que j’ai vu : des borgnes sans grande culture théatral ou autre intention que de faire les « idiots » sur scène qui mènent des aveugles qui veulent faire pareil ET qui éduquent leur public à cela…

    Le match est un concept original et novateur encore pour beaucoup de gens et impliquent les spectateurs en leur donnant le pouvoir de juger et de dire ce qu’ils trouvent bien ou pas…

    Le match n’est a mon avis que victimes de ces dérives à l’image de l’impro au sens large…. a mon humble avis.

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  6. Je suis à 99,54% d’accord avec ces propos Hugh.

    Effectivement le concept de match nuit énormément à la qualité des impros, et globalement, je crois aussi, au plaisir que le spectateur prend. Dans mon expérience dans le coin, j’ai le souvenir que les « matchs » dans lesquels on prenaient le plus de plaisir, construisant peut-être les plus belles impros, étaient ceux dans lesquels nous jouions « contre » une équipe de copain, c’est-à-dire que nous nous connaissions déjà. Ce qui est triste. Nous arrivions beaucoup mieux à passer outre le côté compétitif, et à « bâtir ensemble » (c’est beau ça). On a fait aussi de très belles rencontres dans ce cadre, mais trop effectivement de matchs où les comédiens sont là pour « prendre les points ». Cabotinage, refus de jeu etc…

    Aux 8 points, j’en ajouterais deux:
    le premier étant que les matchs ne laissent que trsè peu de place aux improvisations réalistes, ou non immédiatement « rigolotes ».
    le second est plus général. En tant que spectateur, il n’y a que des matchs à manger partout quand on cherche de l’impro à aller voir et qu’on est complètement novice et non spectateur aguerri. Cela donne une très mauvaise idée (enfin très lacunaire) des immenses possibilités qu’offrent l’impro.

    L’impro en musique est rarement une compétition, elle ne s’en porte pas plus mal!

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  7. Personnellement je trouve que le concept du match est pas mal du tout et qu’il peut donner des super trucs quand il est bien fait, mais que son plus gros problème est qu’il est trop dominant en France (>90% des spectacles, je parie).
    Par contre, j’ai découvert récemment les formes courtes ‘classiques’ nord-américaines (Johnstoniennes, en fait), et je crois qu’elles favorisent aussi la compétition. Pour le Micetro, c’est à élimination, pour être le vainqueur il faut que le public vous aime, donc être cabotin est une stratégie de survie recommandée. Pour le Gorilla, c’est aussi une compétition, et vu que si tu fais une mauvaise scène c’est l’autre qui est pénalisé, je pense que c’est possible que ça se passe très mal dans certains cas (extrêmes, peut-être, mais pareil la possibilité de jouer la gagne en impro). Pour Theatresports, je ne m’y suis pas encore plongé (et j’en n’ai pas encore vu !), alors je m’abstiendrai, même si ça a l’air intéressant.
    Et sinon, y’a le classique « un maître de cérémonie et des improvisateurs, et on joue une succession de jeux d’impro / catégories, sans contrainte de temps ou de vote », qui est intéressant – mais j’avoue que j’aime bien le décorum du match d’impro, je trouve souvent intéressant de voir un rituel avec des règles importantes et tout 🙂

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    • Le match est très loin d’être dominant ! A Lyon par exemple il y en a très peu (par exemple tu peux voir sur http://lyon.improgramme.fr/ on ne trouve que peu de matchs…). A Paris je pense que c’est assez similaire. Par contre c’est la forme la plus connue et médiatisée, aussi parce que les matchs ont souvent lieu dans des grandes ou très grandes salles.

      Certaines formes « Johnstoniennes » ont un côté assez compétitif, c’est vrai, en particulier le Theatersport. Mais par exemple pour le Micetro, il y a une note donnée à chaque impro, et tout le monde a la même. Donc ça n’encourage pas trop les individualités. Et dans le Theatersport les impros sont notées par des juges, par par le public, ce qui change aussi la donne (enfin ceci dit je ne suis pas fan du concept du Theatersport non plus).

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      • Je pense que le match est de moins en moins dominant. Mais toute une génération d’improvisateurs (qui se tournent aujourd’hui vers « autre chose ») ont été « élevés » au match. Je dirais donc qu’il est toujours très présent dans les styles de jeu.

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  8. Hugo, je ne crois pas que tu interprête correctement le travail de Johnstone.

    Le cabotinage ne fait pas gagner un Micetro, et le gorilla ne fonctionne pas comme ça.

    En revanche, c’est vrai que la plus part des formats de Johnstone (à part le Life Game, et encore), contiennent un aspect compétitif.

    Cependant, il faut aussi comprendre que c’est fondamentalement une coméptition différente de celle du match, inspiré du hockey : un vrai sport, alors que Johnstone s’inspire du catch ; utiliser la compétition pour faire réagir le public. Deux approches finalement bien opposées.

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    • Mais il a pas tort.

      Il y a beaucoup de Maestro qui sont joués où c’est le plus cabotin qui gagne.

      J’ajoute que Keith est connu pour ses formats (et donc aussi pour la compétition qui va avec), mais Keith était avant tout un homme de théâtre, et pendant des dizaines d’années, ce qu’il jouait avec Theatre Machine (une sorte de cabaret dirigé) n’était pas compétitif.

      j’ai vu que Hugo a lu la biographie de Keith, c’est top !

      Pour Keith, la compétition a toujours eu un but pédagogique : c’est fou comme les élèves progressent vite dès que tu attribues des « points » aux « gagnants ». Bien sur, ça s’accompagnait d’un style pédagogique où tout était fait pour baisser la pression sur les élèves.

      Theatresports a commencé comme ça, comme un moyen de mettre ce « travail » d’atelier sur scène ! C’est fou comme ça a pu évoluer…

      Pour faire du Theatresports, j’ajouterai que c’est un super spectacle pour enseigner des choses aux joueurs, les responsabiliser et les faire progresser. Et aussi pour orienter le contenu des scènes (rôle du juge).

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  9. Ouardane: j’ai assisté à quelques Micetro, dont un tout récemment, et j’ai été déçu, comme à chaque fois… J’ai vu des scènes vraiment super avec des relations bien établies et une progression vraiment chouette, qui ont récolté un 3, et j’ai vu des scènes à gag hénaurmes qui ont eu des 5. A la fin, le gagnant était celui qui avait été le plus cabotin, notamment en cherchant à enlever le pantalon de ses camarades dans une scène (ce qui fait hurler le public de rire, et donc ça vaut 5). Je pense qu’en théorie ça peut être sympa, mais en pratique le public réagit favorablement aux comiques cabotins et au final on se retrouve avec les gens qui ont pris le moins de risques en finale. (Pardon, je ne voulais pas dire dans mon commentaire que « Johnstone/le format recommandait le cabotinage », mais que, au vu de mon expérience, si tu veux gagner un Micetro, être cabotin ça marche pas mal.)

    Quant au Gorilla, je n’en ai vu qu’un (le mois dernier) et j’ai beaucoup aimé, sauf les gages (je trouvais que c’était une perte de temps, j’aurais voulu voir plus d’impro et moins de « frapper les improvisateurs avec des longs ballons », mais peut-être est-ce nécessaire en théorie pour bien imprimer le « fail gracefully » johnstonien?). Je disais juste que c’est quand même un format compétitif, et que ça se passe sûrement très bien dans 99% des cas, mais que si les improvisateurs se prennent trop à la compétition, ça peut mal se passer. Cela étant, ce dernier argument est tout de même assez faible, je l’avoue, parce qu’il s’applique exactement au match d’impro 🙂

    Et Hugh, j’avais l’impression que le match était la forme dominante sûrement en partie à cause de mon expérience, qui est (était ! maintenant je suis dans une vraie troupe, avec des adultes et une salle, si ! si !) celle des troupes étudiantes. Cela étant c’est vrai qu’il y a peu de matchs à Lyon, et ce que je connais de Paris (les Big Buddies et leurs comparses) ils font pas mal de trucs intéressants distincts des matchs ; cela étant, à Nancy, on a une coupe de matchs d’Impro et des matchs avec des équipes invitées (pour notre troupe, ça donne 12 matchs et 4 ‘concepts’ cette année). Bref, j’ai peut-être exagéré en disant 90%, pardon ! Mais il n’empêche que c’est la forme la plus connue et la plus représentée, et de loin.
    En parlant de formats et de ce qui se fait en France, est-ce que vous savez si il y a déjà eu des « Harold » en France ?

    Un plaisir de discuter avec vous en tout cas 🙂

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    • Pour du Harold, ou d’autres formats de Del Close, a Lyon il y a les Space Gones qui en font, et la Lilyade est un peu dans la même mouvance. Par exemple les 7-8 mars les Space Gones organisent un petit festival Del Close, auquel je devrais d’ailleurs participer 😉

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    • Avec Eux, on a fait les premiers Harolds en France en 2007. Ca nous a appris énormément, mais le public avait aussi du mal à nous suivre parfois. On a évolué vers des formats longs plus narratifs. Le Harold a été inventé dans le contexte du « cabaret » ou du « spectacle de revue » qui est un concept très populaire aux US et moins en France.

      Je précise que j’ai quitté Eux depuis. 🙂

      Sinon, je voulais dire qu’on a tendance à huer le cabotin en France, mais le cabotinage n’est pas forcément mauvais. Pour moi, dans la théorie de Keith, le cabotinage trouve sa place dans le « mischief ». Il y a quelque chose d’universel et de très profond dans le cabotinage qui parle à l’ensemble du public : voir un être humain faire le con à côté d’un être humain qui essaie d’être sérieux fera toujours rire ! Et c’est excellent, c’est pas sale ! 🙂

      Mais c’est un pouvoir qu’il faut contrôler, sinon, il dévore tout le spectacle.

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    • Pour le Maestro, je pense que c’est très dépendant de l’hôte.
      Il faut que l’hôte donne des indications au public sur comment noter. Encourager à noter bas certaines scènes. Faire reconnaître les qualités narratives d’autres scènes.

      D’autre part, la plus part des troupes d’impro insistent sur l’aspect comédie et humour, et pas sur le côté théâtre. Donc il y a déjà un biais.

      Pour le Gorilla, j’adore les gages, parce qu’en tant que directeur, je me sens plus libre de planter une scène, parce que j’aurais fait passer un « mauvais » moment au public, mais je vais ensuite me faire pardonner en étant puni. Il faut évidemment limiter le temps des gages. Et c’est à l’ensemble de la troupe de « réguler » la quantité de gages et de succès obtenus. S’il n’y en a pas eu assez, les joueurs peuvent prendre des risques et faire des choses plus stupides. Si il y en a eu trop, les joueurs peuvent poser le jeu, l’hôte peut trichoter un peu et donner des indications au public.

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  12. Alors, en tant qu’arbitre de match, et joueur depuis de nombreuses années, je dois dire que j’aime le match, et son concept. Le seul défaut du match, mais aussi de l’improvisation, ce sont les joueurs.
    Un concept n’est qu’une idée, une forme, un cadre de l’improvisation. Dans ce cadre, les joueurs sont totalement libre d’évoluer, et bien cadré, n’importe quel concept offre une totale liberté de création aux joueurs. J’ai vu beaucoup de très belles choses en match, et beaucoup d’horribles. Pourtant, le cadre restait le même.

    Oui, l’arbitre est strict, mais pas nécessairement méchant. Oui, il peut (et à mon sens doit) gérer ses impros, et s’adapter au match. Oui, il peut recadrer une impro en plein match sans le montrer (vive la réserve, et surtout le brief d’avant match). Oui, on peut faire de très belles impros sérieuses en match et le public aime tout autant croyez-moi.
    Oui, les bons joueurs ont à cœur de construire ensemble, et de faire un beau spectacle. Je ne pense pas qu’on puisse se lancer dans le match avec seulement deux ans d’impro dans les pattes sans y laisser quelques morceaux de son égo.

    Le match n’est qu’une forme de l’improvisation, et si le coeur vous en dit, créer les vôtres, vous en avez le devoir. Mais attachez-vous toujours à donner un maximum de confort de création aux joueurs. Cadrez-le au maximum afin que le public, et les joueurs se sentent en confiance, et le spectacle sera à moitié réussi. Assurez-vous enfin que les joueurs soient dans cette énergie de création, et d’écoute, et le spectacle sera totalement réussi.

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    • Merci pour ton commentaire !

      « Le seul défaut du match, mais aussi de l’improvisation, ce sont les joueurs. »
      Là pour le coup je ne suis pas d’accord avec toi. Justement j’ai vu bons improvisateurs que j’ai aimé voir dans d’autres formats de spectacle faire des matchs franchement pas terribles. Et je n’ai jamais vu le contraire.

      « J’ai vu beaucoup de très belles choses en match, et beaucoup d’horribles.  »
      J’ai aussi vu de belles impros et j’ai aussi quelques très bons souvenirs d’impros que j’ai jouées en match. Et j’ai vu et vécu des choses « horribles » en match. Par contre j’ai peu de souvenirs de choses horribles dans d’autres types de spectacles, et bien plus de bons ou d’excellents souvenirs.

      Je ne dit pas (enfin je ne crois pas, il faudrait peut-être que je relise cet article, il commence à dater un peu…) qu’on ne peut pas faire de belles choses en match, je dis simplement que mon expérience de joueur et de spectateur m’amène à conclure qu’en allant voir ou en jouant un match j’ai beaucoup plus de chances de ne pas aimer le spectacle. Donc j’évite autant que faire se peut.

      Après c’est aussi mon expérience du match d’impro en France/Suisse/Belgique. Il parait qu’au Québec c’est assez différent…

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  13. Il ne faut pas oublier que le match d’impro est calqué sur le match de hockey, et on ne peut pas dire que le hockey soit particulièrement doux, donc oui, ca encourage cette contradiction « on joue ensemble » mais « je joue mieux que toi » Après, il faut dépasser ça. Dans les briefs de matchs, j’insiste toujours sur le fait qu’on est tous ensemble sur le show, et qu’on construit ensemble. Pour autant, j’ai pleinement conscience qu’on est pas dans un monde bisounours dans un match, et il faut être plutôt rodé afin de gérer certains refus, et certaines rudesses. Mais il y a ce goût du risque et de l’urgence que je ne retrouve pas dans d’autres concept, et c’est ce qui me plaît particulièrement. d’ailleurs, je lance bien plus de longue que de courtes dans mes matchs, justement pour favoriser cette création et cette construction. Ensuite, tout est une question de point de vue de l’arbitre, le seul garant du show

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    • « Mais il y a ce goût du risque et de l’urgence que je ne retrouve pas dans d’autres concept, »
      Ah justement je pense tout le contraire ! J’ai l’impression en match de voir des joueurs rester dans leur zone de confort, par exemple pour une catégorie donnée ils vont envoyer quelqu’un qui la « maitrise » (quand j’anime un spectacle avec des catégories, je demande presque toujours aux joueurs de se mettre en place avant d’annoncer la catégorie), ou utiliser les mêmes ficelles efficaces déjà vues mille fois (par exemple une équipe qui systématiquement sur une impro chantée enverra une personne chanter et trois autres derrière pour faire une choré et des choeurs). Je vois très peu de prises de risque, alors que d’autres formats peuvent l’encourager. Enfin encore une fois les joueurs peuvent se forcer à prendre des risques et tenter des choses, et tant mieux si l’arbitre peut les y encourager, mais le format en lui-même ne l’encourage pas.

      « on est pas dans un monde bisounours dans un match »
      Eh bien moi j’aime bien les spectacles où je me sens dans un monde de bisounours…

      Enfin je pense qu’on ne va de toute façon pas tomber d’accord mais le débat est toujours intéressant 😉

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  14. Pour ma part, j’ai vu 4 matchs d’impro et j’ai trouvé ça vraiment médiocre.. Ce qui me gêne au plus au point, outre les codifications et les contraintes très restrictives, c’est le jeu même des comédiens. Cabotinage, et sur-jeux sont de mises, très loin des bases essentielles du théâtre..
    En revanche, je trouve cette pratique excellente sous forme d’atelier d’initiation voir de perfectionnement du jeu d’acteur.
    Voilà 🙂

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  15. Il ne faut pas oublier que le décorum du match et ce côté compétition est pour le public…et surtout pour le public ! Pour les joueurs, il faut accepter le côté injuste du format et essayer de faire abstraction des points donnés par le public…peu importe le vainqueur ! Malheureusement, trop de ligue n’arrivent pas à faire la part des choses par rapport au concept même du format ! Dommage ! Le seul objectif doit rester le jeu et la construction !

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