KISS

KISS  Je ne parlerai pas ici de bisous, ni du groupe de rock culte, mais du  Principe KISS : Keep It Simple, Stupid. C’est un principe qui s’applique à tout, donc évidemment ça s’applique à l’improvisation.

C’est cet article de Ian Parizot qui m’a inspiré, même s’il n’a aucun rapport avec ce que je vais raconter. Dans cet article Ian parle d’un ami à lui qui, ne connaissant rien à l’impro, a pu pourtant faire une analyse très précise et intéressante du spectacle qu’il a vu.

Je me suis dit que moi aussi j’avais des amis intelligents, qui auraient sans doute des points de vue intéressants. En l’occurence un ami ingénieur (chef de projet chez Google, donc a priori il n’est pas complètement con), avec qui j’ai fait quelques années d’improvisation à l’école  m’a dit la chose suivante il y a quelques jours :

Si je refaisais de l’impro aujourd’hui, je pense que je ferais des choses plus simples.

Ce qui est intéressant c’est qu’il s’agit d’une démarche que j’essaie d’avoir ces temps-ci : de réduire au maximum la complexité des histoires, de revenir sur des situations simples et les développer au lieu de partir rapidement dans tous les sens avec une histoire de plus en plus complexe. Sauf que moi il m’aura fallu des années à faire plusieurs ateliers d’impro par semaines et des dizaines de spectacles pour m’en rendre compte. C’est agaçant.

Encore plus intéressant (pour moi), c’est aussi une démarche que j’ai actuellement dans mon autre travail (chef de projet en informatique, en particulier réalisation de sites web), où je passe de plus en plus de temps à convaincre mes clients d’accepter des solutions simples et efficaces plutôt que des usines à gaz. Là encore ça parait évident, mais alors pourquoi est-ce qu’on fait autant de sites complexes, difficiles à maintenir et à utiliser ? De même pourquoi fait-on autant d’impros où ne comprend tout simplement pas ce qui s’y passe ? (donc des histoires difficiles à maintenir et utiliser, en quelque sorte…)

Enfin bref, tout ça revient au Principe KISS. Garder les choses les plus simples possibles.

On ne devrait jamais se retrouver dans une situation inextricable où ne sait plus qui est qui, qui fait quoi et pourquoi. Pourtant ça arrive très régulièrement, je le vois et le vis en spectacle et en atelier.

Comment éviter ça ? Je dirais : définir rapidement dans quel lieu on est, qui sont les personnages et qui ils sont (et ce qu’ils ressentent…) les uns pour les autres, ainsi que leurs objectifs, et aussi éviter d’introduire des éléments extérieurs à la relation.

Et pour que la situation soit simple, chacun de ces éléments devrait lui-même être simple.

Je ne sais pas exactement comment travailler efficacement cette simplicité. Je me  dit qu’il s’agit un peu d’une checklist:

  • Où se situe l’action ?
  • Qui sont les personnages ?
  • Qu’est-ce qu’ils ressentent les uns pour les autres ?
  • Qu’est-ce qu’ils attendent les uns des autres ?

C’est peut-être pas exhaustif, mais je me dis que si dans les 30 premières secondes on n’a pas répondu à ces questions alors c’est mal parti. Je n’arrive pas à trouver de situations dans laquelle ces questions ne seraient pas valides.

Peut-être alors qu’un simple exercice où l’on fait des débuts d’impro, avec l’objectif de répondre à ces questions de façon naturelle en moins de 30 secondes pourrait s’avérer suffisant. Ça pourrait faire office à la fois d’entraînement et d’échauffement. Je fais déjà régulièrement faire un exercice similaire, mais en se limitant à « où se situe l’action ? » et « qui sont les personnages ? », je vais tester cette version étendue dès que possible.

 

 

2 réflexions sur “KISS

  1. Pingback: L’animation de spectacles | Impro etc.

  2. Ce que je trouve très intéressant, c’est quand j’enseigne ou que je vois enseigner des techniques pour raconter une histoire et la structure classique, j’entends les gens dire en permanence : « ouais, mais pas forcément! On peut avoir le début à la fin, etc… »

    Oui, on peut, mais c’est plus difficile, surtout en impro, alors si on commençait par du simple.

    En plus de ça, la vaste majorité des histoires suivent un nombre très limité de canevas différents, et il y a sans doute une bonne raison à ça!

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