Impro à Chicago vol.2 : sugar and protein

20130306_085202Ce titre ne fait pas référence à mon régime alimentaire du moment (« Fat, Sugar and Protein » serait plus adapté), mais à une métaphore de Tara DeFrancisco qui me semble bien refléter la philosophie de l’iO Theater.

Le sucre, c’est les grosses blagues, les rires. Tout le monde aime ça, mais mangez trop de sucre et c’est l’overdose, avec d’abord un « sugar high », suivi d’un « sugar crash », donc un épuisement du corps. Pour tenir la distance, on ne peut se contenter de sucre, il faut des protéines (ma connaissance du corps humain étant très limitée, ce que je dis est peut-etre complètement faux, mais c’est une métaphore donc j’ai le droit).

Si le sucre en impro c’est les « blagues » (ou en tout cas les trucs qui font rire), les protéines c’est la crédibilité des personnages, de leurs émotions, de leurs relations. Et surtout dans des scènes longues il est important d’avoir cette base émotionnelle, qui ne déclenchera pas un rire toutes les cinq secondes, mais qui fera que dès qu’on injecte un peu de sucre l’effet sera maximum.

Je n’arrive pas à voir si mon explication est compréhensible, mais en tout cas quand Tara le disait ça paraissait parfaitement logique.

Et les meilleurs spectacles que j’ai vu jusqu’à maintenant (c’est à dire tous les spectacles qui nétaient pas des Harold…) sont en général ceux où suffisamment de temps est pris pour créer de vraies situations crédibles. J’ai vraiment l’impression que c’est la patience qui caractérise les meilleurs improvisateurs.

Je garde un tete un spectacle de Rush Howell & Steve Waltien, constitué d’une seule scène, où les deux n’ont quasiment pas bougé de leur place. La scène : un dessinateur de BD montre au rédacteur en chef d’un magazine des planches pour le prochain numéro. Concrètement ce sont juste des blagues plus ou moins connues qui sont présentées sous forme de BD. Sauf que le rédacteur en chef est complètement premier degré, et requiert une explication détaillée de ce qui rend ces blagues supposément droles. C’est tout. Cette scène aurait pu durer cinq minutes, après que la première « blague » ait été présentée. Elle a au final duré environ quarante minutes, je crois. Ils ont gardé le cap tout du long, la situation devenant de plus en plus absurde, mais en restant toujours cohérents avec les personnages. De moins bons improvisateurs auraient laché la scène pour passer à autre chose au bout de quelques minutes. Eux ils ont tenu bon et ont tenu le public scotché à ce qu’ils disaient, meme si parfois il n’y avait aucun rire pendant plusieurs minutes.

Donc voilà, du sucre et des protéines.

2 réflexions sur “Impro à Chicago vol.2 : sugar and protein

    • Dans la scène que je décris ? Oui ils trouvent clairement un jeu qu’ils développent et qu’ils explorent. Après c’est peut-être un cas un particulier, et le terme de « game » est très peu voire pas utilisé ici. En tout vas ils ne le cherchent pas explicitement, mais si quelque chose est drôle dans une scène, ils vont rester dessus, et ce truc drôle on peut l’appeler le game…

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